Aviva Victor a douze ans et veut à tout prix être maman. Elle fait tout pour que son rêve devienne réalité et parvient presque à ses fins. Ses projets contrecarrés par ses parents, elle fait une fugue, décidée à être enceinte, et se perd dans un monde à l'opposé du sien, moins raisonnable mais plus fertile en opportunités. Comme nombre de voyages, celui d'Aviva forme une boucle et se termine là où il a commencé. Bien malin qui saura dire si Aviva en sortira véritablement différente.
Palindromes est un film admirable : alors que le récit prête à tous les débordements, Todd Solondz le maîtrise de bout en bout sans jamais tomber dans le
trash inutile. En celà, il signe un film populaire et accessible à tous sans pour autant virer dans la médiocrité.
Il aime ses personnages, qu'ils soient victimes ou bourreaux, enfants ou pédophiles. Ou plutôt : il ne les juge pas, il raconte leur histoire.
Mais il faut aussi saluer le choix des acteurs et leur interprétation d'une justesse ahurissante : je retiens, en particulier, la séquence de cette mère qui tente de pousser sa fille à avorter : Solondz filme la scène avec une économie de moyen extraordinaire comme s'il voulait à tous prix éviter la distraction du spectateur. Et ce classicisme (champ/contrechamp), souvent académique ou laborieux chez d'autres réalisateurs, explose ici par l'intelligence de son utilisation. Qui n'empêche pas, d'ailleurs, l'existence de plans sublimes, comme lors d'e cette séquence où une Aviva androgyne traverse un champ, courronné par un ciel que seul Stanley Kubrick avait sublimement dépeint dans Barry Lyndon.
Une merveille.