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Caméra subjective, un point de vue en toute subjectivité - mais sans a priori - sur le cinéma d'hier et d'aujourd'hui.

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El Espinazo del diablo de Guillermo Del Toro

En Espagne, durant la guerre civile, Carlos, un garçon de douze ans dont le père est décédé, débarque à Santa Lucia, un établissement catholique pour orphelins. Il est remis au bons soins de Carmen, la directrice, et du professeur Casares. Mais il doit faire face à l'hostilité de ses camarades et de Jacinto, l'homme à tout faire. Par ailleurs, ce lieu hostile dissimule derrière ses murs deux secrets : l'or de la cause républicaine, et le fantôme d'un enfant qui hante le sous-sol...

Del Toro est décidément un grand réalisateur de cinéma populaire : ses films sont beaux, généralement réussis, poétiques, rythmés et spectaculaires. En clair : il ne prend pas ses spectateurs pour des cons.  Il revient à la base du cinéma sans pour autant le faire régresser et la suite de sa filmographie le confirme.
El Espinazo del diablo (L'Échine du Diable) ne déroge pas à la règle même si on pouvait craindre quant à la représentation horrifique de l'enfant-fantôme... Pourtant, c'est réussi et malgré son apparition assez tôt dans le récit (choix tout à fait réaliste), il ne perd jamais de son aura d'épouvante. Et rien ne nous est épargné quant aux divers sorts cruels dont ces petits orphelins sont les victimes.
Le scénario, quant à lui, entre-mêle avec intelligence et efficacité diverses histoires (l'arrivivée de Carlos ; la relation entre la directrice et Jacinto ; l'origine de l'angoissante bombe plantée en plein milieu de la cour de l'orphelinat ; les apparitions du fantôme...) le tout dans un contexte torturé.
Un huis clos assez angoissant, mené de main de maître par un conteur de talent. Vivement son Bilbo !
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