Eté 1990. Anthony Swofford, fils et petit-fils de militaires, vient tout juste de fêter son vingtième anniversaire lorsqu'il est envoyé dans le désert saoudien. La Guerre du Golfe vient d'éclater, son bataillon de Marines est parmi les premiers à se déployer dans cette aride et immense étendue de sable...
Jarhead, c'est le digne héritier de
Full Metal Jacket.
J'ai longtemps été gêné par les films qui tentaient de singer, d'égaler, voire de dépasser le cinéma de Stanley Kubrick. Sam Mendes - qui avait d'ailleurs dédié
American Beauty au "Dr. Bill"& à "Alice" - parvient toutefois à proposer l'un des meilleurs films de guerre de ces dernières années, tout en rendant hommage, de manière moderne et intelligente, au
maestro.
Les séquences se déroulant à proximité des puits de pétrole en feu sont non seulement d'une beauté hallucinante mais d'un réalisme effroyable (la cinématographie est signée Roger Deakins).
Quand au fond de l'histoire, cette frustration due à l'attente qui se révèle plus terrible et angoissante que la possibilité d'une attaque ennemie (qui ne viendra donc jamais), Mendes la traite de superbe manière, avec pour point culminant, la conquête avortée d'une tour de contrôle par deux snipers...
Puis le réalisateur va plus loin, et, à la manière d'un Cimino (
Deer Hunter) ou d'un Stone (B
orn on the Fourth of July) exporte ce malaise jusqu'au retour en terre américaine, où la vie n'est plus la même, car, comme le souligne le titre français (un peu trop explicite, sans doute), si les
Marines sont rentrés, leur innocence, elle, demeurera à jamais, en terre d'Irak.