Allemagne de l'Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle...
/http%3A%2F%2Fa69.g.akamai.net%2Fn%2F69%2F10688%2Fv1%2Fimg5.allocine.fr%2Facmedia%2Fmedias%2Fnmedia%2F18%2F68%2F06%2F56%2F19062783.jpg)
Le Nazisme est-il soluble dans l'eau ? Ici, c'est dans le sirop de guimauve que le spectateur se noie...
Après un début aux scènes de sexe répétitives, qui rappelle gentiment l'idylle au coeur de l'
Amant (Jean-Jacques Annaud/Marguerite Duras), en bien plus propre et plus sage, le film bascule avec la révélation du secret d'Hanna (Kate Winslet, merveilleuse) : la séduisante receveuse de bus illettrée n'était rien d'autre qu'une
kapo de camp de concentration ! Ouf !
Puis, le temps passe, Hanna a vieilli (heureusement que son personnage est brillamment interprêté par Winslet, car les maquillages de vieillissement ne tiennent ici pas la route, surtout lors des dernières minutes). Elle, sur le banc des accusés ; lui, étudiant en droit. Ils vont se croiser.
Le procès commence.
Que tente de nous dire Daldry (et sa mise en scène académique) ? Pas grand chose.
Hanna est-elle l'incarnation du mal ? Ou plutôt, celle de l'allemand moyen, obsédé, pendant la guerre, par le respect des ordres et des lois et effrayé à l'idée de perdre son travail et son honneur ? Ou une simple victime de plus d'un système
diabolique ?
Évidemment, on ne prend pas la lumineuse Kate Winslet pour incarner le diable et c'est en toute ambiguité qu'elle passe du statut de bourreau à celui de quasi-victime (on est censé la pleurer, à la fin), les autres
kapo (incarnées, forcément, par des bourgeoises plus vieilles et plus moches qu'elle, donc, plus antipathiques) lui mettant tout sur le dos, elle qui ne sait ni lire, ni écrire (paradoxalement, ce qui la perdra et symbolisera le début de la fin ,question qualité du récit) mais dont la fierté est plus forte que tout, au risque de provoquer sa propre mort...
La suite, c'est un roman
Harlequin, le genre qu'aiment les épouses désoeuvrées et délaissées, les célibataires au romantisme bas de plafond, les adolescentes en manque d'âme-soeur bon marché... Car Daldry
mixe guimauve et Histoire, qui ne se gêne pas pour mélanger visite de camp de concentration (celui de Stutthof en Pologne) et séquences où un vieux Michael (Ralph Fiennes, égal à lui-même, dont la filmographie est chiche en bon titres) enregistre des livres pour son amour de jeunesse incarcérée.
Comme c'est touchant.
L'écoeurement est à son comble... enfin, par tout à fait puisque Daldry (ou le roman) en remettra deux couches avec la mort d'Hanna (difficile de faire plus téléphoné) et surtout, l'atroce avant-dernière séquence à New York, au cours de laquelle Michael vient trouver réconfort auprès de la fille d'une des victimes juives (qui avait survécu jusque-là) de la
kapo.
Je n'ai pu retenir un sourire. C'était trop.
Sur le papier, une "intrigue" intéressante qui donne un film inepte, tout juste sauvé par les interprétations de Kate Winslet mais aussi du jeune acteur allemand, David Kross.