1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d'abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d'isolement. /http%3A%2F%2Fa69.g.akamai.net%2Fn%2F69%2F10688%2Fv1%2Fimg5.allocine.fr%2Facmedia%2Fmedias%2Fnmedia%2F18%2F67%2F44%2F98%2F19120683.jpg)
S'il y a un film qui se rapproche, sur le fond et la forme du cinéma de Stanley Kubrick, c'est bien ce
Bronson, par ailleurs éclairé par le directeur photo d'
Eyes Wide Shut, Larry Smith et annoncé comme l'
Orange mécanique du XXIème siècle (comme ce fut le cas, par le passé, de
Trainspotting et
Fight Club. En vain). La comparaison s'arrêtant, pour moi, au visuel, aux choix musicaux, à la thématique (violence, enfermements, libre arbitre...) et à quelques citations évidentes comme le retour de Bronson chez ses parents qui renvoie à celui d'Alex dans le film de Kubrick.
Magnifiquement incarné par Tom Hardy, superbement cadré et éclairé (vraiment, Stanley n'est pas loin),
Bronson manque cependant d'un brin de génie.
Car le scénario n'est pas forcément virtuose et Nicolas Winding Refn se contente de miser sur une forme à la fois référencielle et expérimentale plutôt que de développer une réflexion approfondie sur la destinée de son héros. De ce point de vue-là,
A Clockwork Orange est sensiblement plus efficace bien qu'ayant une durée de 2h30 (une heure de moins pour
Bronson).
Malgré quelques défauts évidents (la violence est ici traitée de manière relativement "light") et la difficulté à cerner un personnage principal certes complexe,
Bronson reste un film de très grande qualité et d'une rigueur visuelle rare.
C'est déjà quelque chose. Pour l'oeuvre culte ultime, c'est pas encore vraiment ça. Mais peu importe. Même si certains disent qu'il est "
le meilleur film de Stanley Kubrick depuis sa mort".
En attendant
Enter the Void ?