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Caméra subjective, un point de vue en toute subjectivité - mais sans a priori - sur le cinéma d'hier et d'aujourd'hui.

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Faustrecht der Freiheit (Le droit du plus fort) de R. W. Fassbinder

Forain, Franz Biberkopf, dit "Fox", est au chômage, sa baraque vient d'être fermée par la police. Dans les toilettes publiques, il fait la connaissance de Max, un marchand d'antiquités qui le présente à Eugen, un "fils de bonne famille". Les deux jeunes gens s'éprennent l'un de l'autre...

Fassbinder démonte, et ce, de manière sombre, le système des classes (le plus fort sera toujours le plus riche), ce "mécanisme de l'exclusion sociale, celle qui amène aux camps de concentration et à la mort" (Frédéric Mitterand).
Et cette chute (un forain qui gagne à la loterie et termine plus bas encore que ce qu'il avait commencé), Fassbinder la filme de manière admirable, d'autant qu'il se frotte au milieu homosexuel et que toute maladresse aurait pu mettre à mal son propos (à ce sujet, les scènes gay sont succulentes).
Mais non : aidé par une mise en scène à la fois sobre, esthétique et intelligente (cf. la manière dont est filmée la séquence de signature du contrat par Fox, Eugen et ses parents, le tout en plan séquence très intelligemment cadré), le cinéaste produit un film moderne et vénéneux.
Et cet engrenage rappelle le Kubrick de The Killing et surtout de Barry Lyndon.
La dernière séquence, bien que d'une simplicité diabolique, est d'une force rare.
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