L'histoire se déroule en 1985, dans une uchronie où des super-héros ayant cessé leur activité de justiciers semblent disparaître un à un, alors que la Troisième Guerre mondiale menace d'éclater à tout moment avec le bloc de l'Est. L'apparition en 1959 du Dr Manhattan, un surhomme doté de pouvoirs en faisant presque l'égal d'un dieu, a modifié l'histoire que nous connaissons : les États-Unis ont gagné la guerre du Viêt Nam, le scandale du Watergate a été étouffé, le pétrole n'est plus une des principales sources d'énergie, et Richard Nixon est toujours président en 1985... /http%3A%2F%2Fa69.g.akamai.net%2Fn%2F69%2F10688%2Fv1%2Fimg5.allocine.fr%2Facmedia%2Fmedias%2Fnmedia%2F18%2F35%2F57%2F72%2F18972155.jpg)
C'était avec crainte - je dois l'avouer - que j'attendais l'adaptation par Zach Snyder d'un des romans graphiques les plus géniaux que j'ai jamais lu, le
Watchmen de l'immense Alan Moore (un bon cran au-dessus d'un Frank Miller, par exemple, pour qui j'ai, pour autant, énormément d'estime - sauf en tant que réalisateur mais c'est une autre histoire...).
Crainte, car si j'avais plutôt bien apprécié sa version d'une autre oeuvre que je vénère,
Dawn of the Dead, j'avais quasiment détesté son
300, boursouflure kitsch et toc d'un autre roman graphique, scénaristiquement déjà pas terrible, du sus-mentionné Miller.
Quid de
Watchmen ? Alan Moore n'ayant jamais été vraiment bien adapté - à l'exception d'un
V for Vendetta plutôt sobre mais sans génie - j'imaginais déjà - ouh, les vilains préjugés ! - un déluge de séquences sur fond bleu/vert, abondant juqu'à l'écoeurement - un
300 bis, quoi !
Ben non. Pas vraiment.
On pourra toujours dire que Snyder se contente de recopier les cases du chef d'oeuvre de Moore, que son seul apport est de moderniser visuellement les dessins de Dave Gibbons...
En vérité, le film est une réussite.
Pas un chef d'oeuvre, non, il y manque encore quelques choses que le director's cut de 180 minutes environ pourrait apporter... Mais un vrai
comic sur grand écran, à la manière d'un
Batman époque Tim Burton.
Et puis rarement un blockbuster n'a été aussi cru et violent et surtout : sombre. Bien plus, en vérité, que les deux derniers
Batman - encore lui ! - réunis.
Snyder a réussi son pari, celui d'adapter brillamment une oeuvre culte sans la trahir - comme l'ignoble
The Spirit ou, du côté du jeu vidéo, l'insupportable
Max Payne - ni proposer un résultat figé - comme
Sin City, par exemple.
Et puis... et puis Snyder résoud brillamment le problème de la mise en image du Dr Manhattan.
Et, du même coup, tue dans l'oeuf l'avenir des
blockbusters R rated puisque le film a été, hélas (et injustement), un four - gros échec aux USA, tout juste sauvé par les recettes internationales.
Malgré tout, chapeau, M. Snyder.